P.P.R.I. de Loire - Val de Tours - Val de Luynes
Les 18 communes des Vals de Tours et Val de Luynes (*) sont concernées, sur tout ou partie de leur territoire, par des inondations de type :
- Inondation de plaine par débordement des rivières suivantes : la Loire entre ses levées, le Cher, le Petit Cher, la Choisille, la Petite Bresme.
- Inondation du Val par surélévation de la nappe phréatique,
- Inondation par défaut d'écoulement des eaux pluviales en cas d'insuffisance ou de panne des systèmes de pompages destinés à envoyer les eaux de pluies vers la Loire ou le Cher,
- Inondation du Val par submersion ou rupture des digues, en rive droite et gauche de la Loire, en rive droite et gauche du Cher et, si le Val de Saint-Pierre-des-Corps est envahi par les eaux, par rupture de la digue de l'ancien canal qui reliait le Cher à la Loire (le long de l'autoroute A10),
- Le risque de ruissellement urbain lors d'une trombe orageuse.
Les dernières crues catastrophiques de la Loire et du Cher ayant conduit à des ruptures de digues se sont produites en 1846, 1856 et 1866. Elles peuvent se reproduire avec une intensité égale, voire supérieure. Le niveau de la crue peut en particulier être augmenté en cas de d'embâcles à l'amont des ponts de la Loire ou du Cher dues à l'accumulation d'arbres et de corps flottants.
(*) : Ballan-Miré, Berthenay, Fondettes, Joué-lès-Tours, Larçay, Luynes, Montlouis-sur-Loire, La Riche, Rochecorbon, Saint-Avertin, Saint-Cyr-sur-Loire, Saint-Etienne-de-Chigny, Saint-Genouph, Saint-Pierre-des-Corps, Savonnières, Tours, Villandry, La Ville-aux-Dames.
Pourquoi engager les révisions des PPRI sur la Loire moyenne ?
La connaissance du risque a évolué Sur la Loire moyenne, les PPRI (Plans de Prévention des Risques d'Inondation) ont été élaborés dès 1995. L'État a utilisé l'outil PIG (Projet d'Intérêt Général) pour faire prendre en compte le risque dans les documents d'urbanisme et freiner l'urbanisation des Vals. Les PPRI de la Loire moyenne sont tous issus de PIG.Le caractère "précurseur" des PIG puis des PPRPlan de prévention des risques de la Loire moyenne fait ressortir plusieurs insuffisances : Une qualification de l'aléa dans les PPRI actuels sous-évaluée : Les classes d'aléa définies dans les PPRI Loire actuels sont les suivantes :
Vitesses
Hauteurs
Vitesse Faible
(stockage)Vitesse Moyenne
(écoulement)Vitesse Forte
(grand écoulement)Hauteur < 1mFaibleMoyenMoyen1m < Hauteur < 2mMoyenFortFortHauteur > 2mFortTrès FortTrès FortOr, le seuil de 1 mètre d'eau est désormais retenu pour déterminer les périmètres à l'intérieur desquels "la sécurité des personnes et des biens conduit à contrôler strictement les projets de nouvelles constructions ou de nouvelles installations". On qualifiera donc l'aléa de fort à partir de 1 mètre d'eau. Ce seuil est considéré comme la limite au-delà de laquelle il y a mise en danger des personnes. En effet, la hauteur de 1 mètre d'eau a été annoncé par le MEEDDM comme étant la limite susceptible de fragiliser les murs maçonné qui ne résisterait pas à la pression hydraulique engendrée par la hauteur d'eau dans le cas d'un immersion prolongée (plus de 3 jours).- Les cartes d'aléas sont basées sur les données topographiques alors disponibles, mais le degré de précision a désormais évolué,
- Une prise en compte relative du risque de rupture de digues
- Une imprécision sur le niveau des Plus Hautes Eaux Connues (PHEC) liée au niveau de connaissance des crues du XIXème siècle lord de la réalisation des atlas des zones inondables .
- modèle numérique de terrain plus précis (0,15m au lieu de 1,0m),
- connaissance du risque derrière les digues (rupture, subverse).
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Carte de reconstitution des hauteurs d'eau sur la partie du Val de Tours comprise entre la Loire et le Cher, carte établie par modélisation et extrapolation des données disponibles
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Les textes réglementant la prévention des risque ont évolué
La réglementation sur les digues a évolué
Les digues fluviales, au même titre que les barrages hydrauliques sont désormais considérés comme des "ouvrages de dangers" qui doivent faire l'objet d'une surveillance régulière de leur état. Contrairement à un barrage qui est généralement en eau, la digue fluviale n'est en eau que de façon exceptionnelle ce qui ne permet pas d'effectuer un test de résistance à grande échelle.La digue protège pour les crues de faibles à fortes mais elle constitue un facteur de risque supplémentaire lors des crues exceptionnelles.L'article R214-115 du code de l'Environnement prévoit que le propriétaire ou l'exploitant, ou pour un ouvrage concédé, le concessionnaire d'une digue réalise un étude de dangers qui est transmise au Préfet.L'étude de dangers des digues du Val de Tours est en cours. Il s'agit de digues de classe A (haute supérieur ou égale à 1m et population protégée supérieure à 50 000 personnes) appartenant majoritairement à l'État, mais aussi à la Ville de Tours et à Cofiroute. Les résultats seront disponibles dans le courant du 1er semestre 2012.Les résultats de l'étude des dangers des digues du Val de Luynes (digues de classe B-, digues non-classées en A de hauteur supérieure ou égale à 1m et population protégée comprise entre 1 000 et 50 000 personnes) devront être réalisées avant la fin de l'année 2014.Les digues en rive gauche du Cher dans la traversée de Tours (digues de classe B) sont concédées à la ville de Tours qui a en charge la réalisation des études de dangers.Enfin, l'attention est rappelée sur les différents facteurs qui peuvent affecter la solidité des digues : canalisations traversantes, animaux fouisseurs, constructions et plantations sur les digues ou à moins de 19,50m du pied de la digue. -
Un nouveau SDAGESchéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux
Loire-Bretagne a été approuvé
Le SDAGESchéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux
Loire-Bretagne, approuvé le 18 novembre 2009, fixe les grandes orientations pour la gestion équilibrée de la ressource en eau. Parmi elle figure la réduction du risque d'inondation par les cours d'eau.
Au-delà de la préservation des champs d'expansion des crues, l'objectif SDAGESchéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux n'est pas tant de stopper l'urbanisation que d'infléchir l'urbanisme dans le sens d'une réduction globale de la vulnérabilité des inondations.Tel est le sens de la disposition 12B-1, qui stipule que les PPRI prescrits à compter de l'approbation du SDAGESchéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux devront respecter un certain nombre de principes. - Le Code de l'Environnement et le code de l'Urbanisme ont également évolué :Il renforce le droit des citoyens à l'information préventive sur les risques naturels auxquels ils sont soumis.Ils rappellent la responsabilité de l'État en matière d'élaboration des Plans de Prévention des Risques naturels en concertation avec les collectivités locales et la population et celle de l'État et des collectivités locales dans la mise en œuvre de ceux-ci.
Les objectifs de la révision du PPRI Val de Tours - Val de Luynes :
- préserver les vies humaines : c'est l'objectif principal d'un PPRI, plusieurs éléments y concourent comme : l'interdiction des implantations humaines dans les zones les plus dangereuses
- la réduction de la vulnérabilité
- réduire globalement la vulnérabilité du territoire et ainsi réduire les coûts des dommages dus aux inondations reporté in fine sur la collectivité : en n'augmentant pas la population vulnérable : notamment par l'arrêt de toute construction nouvelle dans les zones d'aléa les plus forts hors des zones déjà densément urbanisé,
- par l'interdiction de construction nouvelle dans une "bande de sécurité" derrière les digues (en attendant les conclusions de l'étude de danger, qui permettront d'ajuster cette bande de sécurité et de préciser la largeur pertinente de la zone inconstructible, celle-ci a été fixée à 300m),
- par l'arrêt du développement de l'habitat pavillonnaire très vulnérable,
- en concevant des programmes de constructions nouveaux avec un objectif de "zéro endommagement" en cas de crue majeure.
- en réduisant la vulnérabilité des constructions : obligation pour les nouveaux ou les extensions d'habitations existantes d'une pièce habitable au dessus du PHEC pour chaque logement (pour servir de refuge si l'évacuation est impossible ou/et permettre la préservation de biens personnels)
- augmentation de la résilience du bâti (capacité des bâtiments à résister à une inondation et à retrouver un fonctionnement normal dans les meilleurs délais)
- en réduisant la vulnérabilité des réseaux : équipements sensibles protégés ou situés au-dessus des PHEC
- en réalisant des aménagements urbains destinés à réduire les conséquences des inondations, notamment par la maitrise des écoulements et la sécurisation des réseaux
- en réduisant la vulnérabilité du tissu économique



